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L'allergie au porc est peu fréquente, elle est à l'origine de troubles plus ou moins graves.

Les personnes qui en souffrent doivent faire preuve de vigilance dans leur vie de tous les jours, le porc étant utilisé dans de nombreux produits industriels, en particulier alimentaires. Faisons le point ensemble.

Mécanismes d'une allergie

L'allergie est une réponse immunologique contre une protéine de l'environnement nommée antigène ou allergène, qui entre en contact avec l'organisme par la peau et les muqueuses :

  • La réponse la plus classique est médiée par des anticorps spécifiques, les IgE ou immunoglobulines E, produits suite au premier contact avec l'antigène (phase de sensibilisation).
  • Lors d'un contact ultérieur, ces anticorps reconnaissent l'antigène et déclenchent une réaction inflammatoire.
  • Cette réponse allergique survient de préférence sur un terrain atopique, c'est-à-dire chez des individus prédisposés.

L'allergie alimentaire toucherait entre 2 et 4 % de la population européenne selon certaines études. Ce nombre est en augmentation du fait de la diversification de l'alimentation, et de l'emploi généralisé de protéines alimentaires dans l'industrie.

Une allergie croisée est une réaction vis à vis d'un allergène donné alors que la personne est sensibilisée à un autre allergène qui présente une structure semblable. Ainsi, des allergies croisées peuvent se produire entre deux variétés de pollens, entre deux aliments, ou bien entre un aliment et un pollen donnés.

Allergie au porc : comment se manifeste-t-elle ?

L'allergie aux viandes est plutôt rare est concernerait environ 2,7 % des allergies alimentaires répertoriées chez l'adulte et 2,6 % chez l'enfant. 

L'allergie aux protéines de porc est plus fréquente au sein de l'allergie croisée porc-chat qui associe :

  • l'allergie respiratoire aux antigènes de chat (albumine présente dans les phanères de chats comme les poils, squames) ;
  • l'allergie avec une allergie alimentaire à la viande de porc (surtout les rognons). 

Les symptômes d'une allergie alimentaire surviennent quelques minutes à quelques heures après l'ingestion :

  • œdème des paupières, urticaire, œdème laryngé de Quincke (urgence médicale) ;
  • rhinite, conjonctivite, asthme ;
  • syndrome oral de Lesoff ou syndrome oral allergique, se traduisant par une démangeaison et parfois un gonflement des lèvres, de la bouche et du pharynx ;
  • crampes abdominales, diarrhées, nausées vomissements, flatulences ;
  • choc anaphylactique, réaction généralisée brusque et grave pouvant engager le pronostic vital, associant souvent éruption cutanée diffuse, œdème muqueux, bronchospasme et hypotension artérielle, défaillance d'organe ; c'est une urgence médicale. 

Allergie au porc : aliments à risque

Outre la viande de porc, on trouve du porc dans de nombreux produits :

  • La gélatine de porc ayant remplacé la gélatine de bœuf dans l'industrie agroalimentaire depuis la crise de la vache folle, on en trouve dans de nombreuses confiseries, biscuits industriels et laitages allégés, employée comme épaississant. D'où l'importance de lire les étiquettes !
  • Les protéines allergènes contenues dans le porc sont nombreuses, par exemple la sérum-albumine. Par ailleurs, il n'est pas exclu que les produits chimiques ou les antibiotiques utilisés dans le traitement de la viande soient à l'origine d'allergies.
  • Enfin, soulignons que certains médicaments contiennent des protéines de porc.

Diagnostic et traitement de l'allergie au porc

Comme pour toutes les allergies, le bilan est réalisé par un médecin allergologue qui procède d'abord à une enquête afin de déterminer l'allergène potentiellement en cause :

  • Ensuite, il réalise en première intention des tests cutanés (prick-tests) qui mettent en évidence une sensibilisation à l'allergène suspecté. 
  • Une recherche des IgE spécifiques dans le sang peut être réalisée, même si pour l'allergie au porc, elle reste hasardeuse, les valeurs seuils n'étant pas précises.
  • Le test de provocation orale reste indispensable pour affirmer l'existence d'une allergie hormis en cas d'antécédent de réaction grave avec une histoire clinique évidente qui permettrait de poser directement le diagnostic.

Le traitement consiste principalement en l'éviction des aliments contenant du porc. Cela implique de lire attentivement les étiquettes des produits préparés industriels.

Toutefois, tous les allergènes ne sont pas mentionnés sur les étiquettes (on parle d'allergènes masqués) :

  • En cas de syndrome porc-chat, l'éviction des chats est conseillée. 
  • En fonction de la protéine incriminée, l'éviction est totale ou est remplacée par des précautions de cuisson, certains allergènes comme l'albumine ne déclenchant plus de réaction une fois cuits.
  • Le traitement symptomatique fait appel aux antihistaminiques et parfois aux corticoïdes oraux. En cas de risque de réaction grave de type anaphylactique, un kit d'adrénaline injectable doit être mis à disposition de la personne.