Aspergillose bronchopulmonaire allergique

Sommaire

L’aspergillose bronchopulmonaire allergique (notée ABPA) est une pathologie pulmonaire liée à l’intolérance à un champignon (principalement Aspergillus fumigatus). Les personnes asthmatiques ou atteintes de mucoviscidose ou de maladies pulmonaires chroniques sont particulièrement prédisposées à développer cette pathologie.

Cette maladie provoque des symptômes pulmonaires proches de l’asthme sévère. Le traitement de l’ABPA reste complexe et ne fait pas l’objet d’un consensus médical. Sans traitement adapté, l’ABPA évolue à plus ou moins long terme vers la fibrose pulmonaire. Le point tout de suite.

Causes de l’aspergillose bronchopulmonaire allergique

L’aspergillose bronchopulmonaire allergique (notée généralement ABPA) est une pathologie pulmonaire due à une intolérance à un champignon. L’espèce de champignon la plus fréquemment concernée est Aspergillus fumigatus, champignon présent dans l’environnement. D’autres espèces de champignons sont plus rarement mises en cause.

La pénétration du champignon dans les voies aériennes supérieures puis inférieures provoque différents phénomènes, dont l’ABPA chez certaines personnes prédisposées. L’ABPA est une réaction d’hypersensibilité pulmonaire au champignon, réaction qui entraîne séquentiellement :

Différentes personnes présentent un risque accru de développer une ABPA :

Aspergillose bronchopulmonaire allergique : quels symptômes ?

Même si certaines personnes ne développent aucun symptôme,l’aspergillose bronchopulmonaire allergique (ABPA) provoque généralement des symptômes proches de l’asthme sévère :

  • une fièvre faible à modérée ;
  • des malaises ;
  • un amaigrissement ;
  • une hyper-réactivité bronchique ;
  • une toux grasse avec des expectorations de bouchons muqueux de couleur brune ;
  • des hémoptysies (crachats de sang) fréquentes ;
  • une dyspnée (respiration anormale) progressive associée à des troubles respiratoires ;
  • des douleurs thoraciques. 

Chez les patients atteints d’une maladie pulmonaire, l’ABPA provoque une aggravation de la maladie pulmonaire préexistante. Sans prise en charge, l’ABPA évolue progressivement vers la fibrose pulmonaire.

Diagnostic de l’aspergillose bronchopulmonaire allergique

Le diagnostic de l’aspergillose bronchopulmonaire allergique repose sur les symptômes du patient et sur un certain nombre d’examens prescrits par le médecin :

  • Des tests cutanés détectent la sensibilité à Aspergillus fumigatus
  • Des dosages sanguins montrent la réaction allergique : augmentation des immunoglobulines IgE totales et spécifiques d’Aspergillus, augmentation des polynucléaires éosinophiles (catégorie de globules blancs). 
  • Des examens d’imagerie mettent en évidence l’infiltration du champignon dans les voies respiratoires et la dilatation des bronches : une radiographie pulmonaire, un scanner (TDM) thoracique. 
  • Des épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) caractérisent les troubles respiratoires.  
  • Une endoscopie bronchique ou un lavage broncho-alvéolaire peuvent également être nécessaires pour confirmer le diagnostic.

Les différents examens permettent de confirmer le diagnostic et d’établir le stade de l’ABPA.

Les différents stades cliniques de l'ABPA
Stades Symptômes Examens biologiques Examens d'imagerie
I : Aigu

Fièvre

Toux

Asthme

Crachats

Douleurs thoraciques

Augmentation des polynucléaires éosinophiles et des IgE Infiltrats pulmonaires
II : Rémission Absence de symptômes Retour à la normale des dosages sanguins Régression des infiltrats
III : Exacerbation Symptômes variables Augmentation des IgE Nouveaux infiltrats
IV : Asthme cortico-dépendant Asthme sévère IgE élevées Variable
V : Fibrose pulmonaire

Dyspnée

Cyanose

Insuffisance respiratoire chronique

IgE variables Fibrose

Pronostic et traitement de l’aspergillose bronchopulmonaire allergique

Sans traitement, l’aspergillose bronchopulmonaire allergique (ABPA) entraîne à plus ou moins long terme des séquelles irréversibles au niveau des poumons (fibrose pulmonaire).

Dans tous les cas, l’ABPA évolue de manière variable en fonction des patients, de leur état de santé et de leur fonction pulmonaire initiale. L’ABPA évolue par des phases successives d’exacerbations qui nécessitent la mise en place d’un traitement et de rémissions (absence de symptômes 6 mois après l’arrêt du traitement).

Le traitement de l’ABPA ne fait à l’heure actuelle pas l’objet d’un consensus médical. Il convient dans un premier temps de limiter au maximum l’exposition du patient aux champignons de type Aspergillus.

Le traitement en lui-même repose sur différents médicaments :

  • des corticoïdes par voie orale pendant plusieurs semaines à plusieurs mois, avec un sevrage progressif à l’arrêt des symptômes ;
  • des médicaments anti-fongiques dont l’emploi est controversé et dont la durée est très variable (parfois plusieurs années consécutives).