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Le titane est un métal de plus en plus présent dans les dispositifs médicaux (prothèses, implants). Comme tout métal, le titane est susceptible d’induire des réactions allergiques dans l’organisme. Les allergies au titane, le plus souvent imprévisibles, se manifestent par des symptômes allergiques variables selon les personnes. Le traitement consiste à retirer le dispositif médical contenant du titane et à exclure le titane lors de tout nouveau projet d’implant ou de prothèse.

Le point dans notre article.

Allergie au titane : généralités

Le titane est un métal de plus en plus utilisé en médecine et en odontologie, en raison de ses intéressantes propriétés :

  • une excellente biocompatibilité (compatibilité avec les organes et les tissus) ;
  • une très bonne solidité ;
  • une grande légèreté ;
  • une forte résistance à la corrosion ;
  • une absence de perturbations des techniques d’imagerie IRM (imagerie par résonance magnétique).

Alors que les scientifiques considéraient jusqu’à récemment ce métal comme inerte dans le corps humain, il apparaît aujourd’hui de plus en plus que le titane peut provoquer des réactions allergiques immédiates ou retardées.

Allergie et exposition au titane

Le titane est présent dans différentes catégories de dispositifs médicaux :

  • des implants dentaires ;
  • du matériel d’orthodontie (appareils dentaires amovibles ou fixes) ;
  • des prothèses orthopédiques ;
  • du matériel d’ostéosynthèse (plaques, vis, broches) ;
  • des dispositifs implantés comme les pacemakers. 

Dans ces dispositifs implantables, le titane est présent sous différentes formes à l’état pur ou sous formes d’alliages :

  • alliage titane-aluminium ;
  • alliage titane-vanadium ;
  • alliage titane-aluminium-niobium ;
  • alliage titane-molybdène ;
  • alliages à mémoire de forme (titane-nickel). 

Par ailleurs, le titane est également présent dans certaines montures de lunettes de vue, parfois associé au nickel. Ces montures de lunettes, solides, légères et considérées souvent comme hypoallergéniques peuvent cependant déclencher des réactions allergiques chez les personnes allergiques au titane.

On retrouve également du dioxyde de titane (TiO2) sous forme de nanoparticules. Ces dernières sont présentes dans de très nombreux produits alimentaires et cosmétiques, mais également dans des médicaments (via le colorant E171). Sans que ces nanoparticules soient particulièrement connues pour être allergisantes, le dioxyde de titane est classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme cancérogène possible. Pour cette raison, après avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) et dans le cadre de la loi dite ÉGalim, les ministres de la Transition écologique et solidaire et de l'Économie et des Finances ont décidé, par précaution, d'interdire, pour un an, la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant cet additif à partir du 1er janvier 2020.

Symptômes de l’allergie au titane

L’allergie au titane se manifeste par différents symptômes en fonction du dispositif médical contenant le titane :

  • des sensations de brûlures et de picotements ;
  • des maux de tête, une fatigue, des douleurs articulaires et musculaires ;
  • un eczéma ;
  • un urticaire ;
  • un œdème ;
  • dans le cas des implants dentaires : une sécheresse de la bouche, une sensation de goût métallique, une altération du goût, une gingivite, une perlèche ;
  • une réaction inflammatoire (rougeur, chaleur, gonflement, avec éventuellement de la fièvre) ;
  • un échec de l’implantation du dispositif médical : rejet d’un implant dentaire, non-consolidation d’une fracture ;
  • dans les cas les plus graves, un choc anaphylactique

Diagnostic et traitement de l’allergie au titane

Le diagnostic de l’allergie au titane est évoqué lors de la survenue de symptômes allergiques suite à la pose d’un dispositif médical contenant du titane. Pour confirmer le diagnostic, des tests cutanés (patch test à l’oxyde de titane) et/ou sanguins peuvent être prescrits par l’allergologue.

Plusieurs facteurs de risque sont identifiés comme favorisant la survenue d’une allergie au titane :

  • une allergie à d’autres métaux (nickel, chrome, cobalt, or ou mercure) ;
  • l'existence d’un terrain atopique (prédisposition aux allergies) ;
  • un asthme allergique. 

L’existence de ces facteurs de risque doit amener une surveillance étroite des patients dans les suites de l’implantation du dispositif médical contenant du titane.

Aucun test spécifique n’est généralement prescrit avant la pose d’un implant ou d’une prothèse, car ces tests ne sont pas toujours fiables et peuvent eux-mêmes induire une sensibilisation au métal. Les allergies au titane sont donc difficiles à prévoir.

Le traitement de l’allergie au titane repose sur deux aspects principaux :

  • la prise en charge immédiate des symptômes allergiques (anti-histaminiques par voie orale, corticoïdes par voie orale ou en injection, traitements locaux des lésions) ;
  • le retrait du matériel médical contenant du titane et si besoin son remplacement par un matériel médical sans titane.