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L’ambroisie est une plante sauvage de la famille des astéracées qui devient un buisson de plus d’un mètre de haut et pouvant atteindre jusqu'à deux mètres. Son pollen est particulièrement allergisant et incommode fortement les personnes polliniques.

6 à 12 % de la population française est aujourd’hui allergique à l’ambroisie ce qui conduit les pouvoirs publics à mettre en œuvre des campagnes de contrôle et d’arrachage de cette plante. Contenir l'impact de la plante à un niveau supportable nécessite beaucoup de moyens depuis 2012.

Le point dans notre article.

Caractéristiques de l’ambroisie

L’ambroisie montre deux cotylédons arrondis puis deux vrais feuilles, opposées, d'un beau vert franc, découpées en 3 à 6 folioles. Les feuilles en grandissant s’élargissent et deviennent très découpées, elles sont du même vert sur les deux faces, ce qui les distinguent des feuilles d’armoise ou d’absinthe qui sont de la même famille.

Très ramifiée à la base, la plante a un port de buisson. Elle se propage par le pollen mais aussi par ses radicelles qui colonisent tous les sols laissés en jachère. Les fleurs sont petites et verdâtres regroupées en longs épis de 25 à 50 capitules qui à maturité libèrent le pollen.

L’ambroisie a colonisé la France au sortir de la seconde guerre mondiale. Elle nous vient du continent américain et de l’arrivée des soldats à Marseille, dont les vêtements étaient maculés de pollen. L’ambroisie s’est ensuite propagée peu à peu en remontant la vallée du Rhône pour s’installer aujourd’hui largement dans toute le sud-est et nord-est de la France. La région Rhône-Alpes a mis en place plusieurs campagnes de lutte contre l’ambroisie.

Les allergies provoquées par le pollen d'ambroisie étant directement proportionnelles, en fréquence et en gravité, à la concentration des grains de pollen dans l'air, la région Rhône-Alpes fait l'objet d'une surveillance constante par des capteur de pollens dont les résultats sont mis à la disposition du public par le biais du réseau national de surveillance aérobiologique.

Il existe un bulletin allergo-pollinique du Grand Lyon qui diffuse le niveau d’alerte à l’ambroisie trois fois par semaine. Des applications pour mobile permettent aussi, en fonction de son lieu de vie, de recevoir des bulletins de taux de concentration du pollen. C'est notamment le cas de l'application d'alertes polliniques du RNSA (Réseau National de Surveillance Aérobiologique).

L'ambroisie a été décrétée en 2017 « espèce dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine » (article D. 1338-1 du Code de la santé publique). Des mesures peuvent être prises par arrêté soit à l'échelle nationale soit à l'échelle locale (département, commune), pour prévenir leur apparition ou lutter contre leur prolifération. De plus, l'achat, la détention et la vente des trois espèces d’ambroisies nuisibles pour la santé (l'ambroisie à feuille d’armoise, l'ambroisie trifide et l'ambroisie à épis lisses) sont désormais interdits (décret du 28 avril 2017). Les contrevenants s'exposent à des amendes allant de 135 à 375 euros. 

Symptômes de l’allergie à l’ambroisie

L’allergie à l’ambroisie se manifeste par :

  • une rhinite : nez bouché, qui pique ou qui coule clair, éternuements en salve ;
  • une conjonctivite : yeux rouges et larmoyants, démangeaisons ;
  • de l’asthme : difficultés à respirer, toux sèche ;
  • de l’eczéma et de l’urticaire.

Les allergies dues à l’ambroisie débutent fin août pour durer jusqu’à la fin octobre, avec un maximum d’intensité en septembre.

Le pollen d’ambroisie croise avec de nombreux autres pollens de plantes comme l’armoise, la camomille, l’amarante ou l’aulne.

Allergie à l’ambroisie : quel traitement ?

Il n’existe pas en France de médicament de désensibilisation à l’ambroisie, contrairement aux États-Unis. On peut néanmoins être désensibilisé par voie sublinguale ou injectable avec des APSI (Allergènes Préparés Spécialement pour un Individu).

Des médicaments symptomatiques peuvent aider et soulager les personnes allergiques comme les anti-histaminiques, les collyres et vaporisateurs nasals, et les corticoïdes oraux ou en crème.

La prévention par une conduite adaptée au quotidien permet de modérer les symptômes.

  • s’informer des pics polliniques grâce au bulletin d’alerte ;
  • ne pas sortir les cheveux mouillés ;
  • ne pas étendre son linge dehors ;
  • aérer l’habitat avant 9 h du matin et après 19 h ;
  • rouler en voiture avec les fenêtres fermées dans un véhicule équipé d’un filtre à pollen ;
  • installer un appareil de filtration de l’air dans sa chambre à coucher (on y passe 8 h par jour en moyenne) ;
  • se dévêtir en rentrant chez soi pour mettre des vêtements d’intérieur ;
  • se laver le nez avec une solution nasale d’eau de mer.