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L’allergologie moléculaire permet de mieux comprendre les mécanismes de l’allergie en recherchant à quelle protéine l’organisme réagit. Un aliment, un pollen, une moisissure ou un acarien contiennent chacun plusieurs familles de protéines. Connaître lesquelles induisent une réaction allergique permet un meilleur diagnostic, de comprendre les allergies croisées, d’expliquer un syndrome oral (allergie croisée pollen/aliment), ainsi que de connaître la sévérité potentielle d’une allergie. L’allergologie moléculaire est donc utile pour l’allergologue mais aussi pour le mieux-vivre du patient allergique et la sérénité de son entourage.

Allergènes moléculaires : la question de l'allergologie moléculaire

Lorsque qu’un patient présente une positivité à un prick-test réalisé chez l’allergologue, celui-ci demande parfois également une prise de sang afin de faire mesurer la quantité d’IgE (la réponse du système immunitaire) face à certaines protéines contenues dans l’aliment, le pollen, l’acarien ou la moisissure.

Chaque protéine est définie par les 3 premières lettres du nom latin qui caractérise son genre en taxonomie, suivi de la première lettre de son espèce, suivi du numéro de sa découverte.

Ainsi pour l’arachide, l’allergologue demande par exemple le taux d’ IgE-réactivité de :

  • ara h 8 (Arachis hypogea 8) ;
  • ara h 2 ;
  • ara h 6, etc.

La quantité d’anticorps contre ces protéines se mesure en kua/l : unité de masse protéine IgE par litre de sérum (sang débarrassé de ses éléments de coagulation).

Que le nombre soit élevé ou faible ne signifie pas nécessairement que l’allergie est sévère ou mineure. La sévérité de l’allergie peut dépendre de la famille de protéines qui est en cause.

Allergènes moléculaires : différentes familles de protéines

LTP

Les protéines de transfert lipidique (Lipid Transfer proteins) sont des protéines végétales qui préfigurent la sévérité d’une allergie car elles sont thermo-résistantes.

Profilines

Ce sont des petites protéines des végétaux qui ont une faible allergénicité car elles sont détruites par la cuisson. Mais comme elles sont communes à plusieurs aliments et pollens, elles permettent de souligner des réactivités croisées.

Tropomyosines

Ce sont des protéines qu’on retrouve chez les invertébrés comme les insectes, les crustacés, les mollusques, les acariens… et qui permettent de souligner des réactivités croisées. Les tropomyosines constituent un exemple très rare de famille protéique où une identité totale (100 %) ou presque totale est possible entre deux protéines issues d’espèces vivantes différentes.

Albumines

Ce sont des protéines présentes dans le sérum. Donc dans les œufs, les abats, la viande, le poisson, le lait.

Protéines PR-10

Ce sont des protéines de défense des végétaux qui ont une grande allergénicité dans les pollens, les fruits, les céréales et les légumes.

Chitinases

Ces protéines sont responsables du syndrome latex/aliment.

Polcalcines

Ce sont des protéines spécifiques aux pollens qui permettent de souligner des allergies croisées à différents pollens.

Lipocalines

Cette famille de protéines abrite les allergènes les plus importants du chien, cheval, rongeurs et laits d’animaux. On les retrouve aussi dans la salive des moustiques.

Les différentes allergies croisées

Du fait de la similitude de familles de protéines dans différents pollens, aliments et animaux, on sait aujourd’hui mieux comprendre pourquoi un patient a plusieurs allergies. On parle alors de syndrome.

Syndrome porc/chat

La personne allergique est simultanément allergique aux allergènes contenus dans la salive du chat (retrouvée sur ses poils) et aux allergènes de la viande de porc qu’il consomme.

Syndrome pollen/aliment

La personne allergique aux pollens de bétulacées (noisetier, bouleau) est aussi allergique à la pomme, la pêche, la cerise, la carotte.

Syndrome latex/aliment

La personne allergique au latex (gants, bottes en caoutchouc) réagit lors de la consommation de figue, châtaigne, avocat ou kiwi.

Exemples d'allergies croisées

Il existe des allergies croisées :

  • acarien > escargot (mollusques), crevettes (crustacés) ;
  • chat > chien.

Les allergies croisées sont possibles entre différents pollens ou différents aliments :

  • lait de vache > lait de chèvre, de jument, viande de bœuf ;
  • arachide > soja, pois, lentille, lupin, fruits à coque ;
  • melon > banane, avocat ;
  • pollen de bouleau > pollen d’aulne, de charme, d’olivier, de frêne ;
  • morue/cabillaud > tous les poissons à chair blanche ;
  • crevette > crabe, homard.

Allergènes moléculaires : soigner une allergie croisée

L’immunothérapie allergénique (désensibilisation) consiste en une administration de doses quotidiennes d’allergène pendant 3 à 5 années / saisons consécutives. Il n’existe pas encore d’immunothérapie plus ciblée, sur les seules protéines en cause dans le mécanisme de l’allergie pour chaque patient, mais des structures spécialisées en biotechnologie y travaillent.

Cette désensibilisation réalisée avec des extraits parfaitement concordant avec la réalité de la réactivité du patient permettra de mieux le soigner.

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