Acariens, dits dermatophagoides pteronyssinus

Sommaire

Les dermatophagoides pteronyssinus sont une espèce de minuscules acariens qui pullulent à l'intérieur de nos maisons. Ce sont les acariens domestiques les plus répandus en Europe. Ils sont connus pour être l'une des causes les plus fréquentes d'allergie. Pour preuve, ils sont responsables de 65 à 90 % des asthmes et des rhino-conjonctivites chez l’enfant et l’adulte jeune.

Dermatophagoides pteronyssinus : qu'est-ce que c'est ?

Les dermatophagoides pteronyssinus sont des arthropodes (invertébrés aux membres articulés) mesurant de 0,2 à 0,4 mm, ils sont invisibles à l'œil nu. Sous nos climats, c'est la variété d'acariens la plus fréquemment rencontrée dans la poussière de la maison (70 à 80 %). Ils prolifèrent dans les milieux chauds (20 à 30 °C) et humides (60 à 80 % d'hygrométrie) et se nourrissent de débris organiques (squames, poils, cheveux, déchets alimentaires, moisissures...).

À l'intérieur de la maison, leurs niches préférées sont la literie (matelas, couvertures, oreillers) où les conditions sont les plus favorables à leur développement, mais on les trouve aussi en grande quantité dans les tapis, les moquettes, les canapés, les rideaux, les peluches... 

Ils ne piquent pas et sont inoffensifs pour l'homme, mais leur carapace et leurs déjections contiennent plusieurs protéines allergisantes, comme le Der P1. Ces allergènes dispersés dans l'air ou dans la poussière sont susceptibles de pénétrer dans les voies respiratoires et de provoquer des réactions allergiques (rhinite, conjonctivite, crise d'asthme, eczéma...) chez les sujets sensibles. 

Dermatophagoides pteronyssinus : les mesures préventives contre les allergies 

Les mesures préventives contre les allergies aux dermatophagoides pteronyssinus consistent à réduire leur quantité pour descendre sous le seuil de déclenchement des symptômes.

Pour cela, il est recommandé de :

  • limiter le chauffage (à 18 ou 19 °C) et l'humidité (pas d'humidificateur, pas de saturateur sur les radiateurs, pas de plantes) ;
  • aérer la maison quotidiennement pendant 20 à 30 mn (même en hiver) ;
  • passer méticuleusement l'aspirateur une à deux fois par semaine et dépoussiérer les meubles et les objets avec un chiffon humide ;
  • changer les draps une fois par semaine et les laver à une température supérieure à 60 °C (les acariens ne résistent pas à cette température) ;
  • éviter les moquettes, les tapis, les doubles-rideaux, les peluches et tous les objets qui prennent facilement la poussière ;
  • éviter la présence d'animaux dans les chambres.

On trouve dans le commerce toute une gamme de produits que l'on peut utiliser pour limiter l'exposition aux acariens : sprays acaricides, diffuseurs automatiques (Acardust), housses de matelas, d'oreiller ou de couette imperméables aux acariens, filtres d'aspirateur HEPA (haute efficacité pour les petites particules)...

Diagnostic de l'allergie aux acariens  

Les premiers symptômes d'une allergie aux dermatophagoides pteronyssinus apparaissent souvent le matin au réveil et au cours des périodes froides d'automne ou d'hiver pendant lesquelles les habitations sont plus chauffées et moins aérées.

L'allergie débute généralement par une rhinite persistante (écoulement ou obstruction nasale, éternuements, démangeaisons du nez ou du palais, perte d'odorat), souvent associée à une conjonctivite (larmoiements, rougeurs ou picotements des yeux) ou à de la toux. Elle peut, à la longue, se compliquer de crise d'asthme et/ou plus rarement d'eczéma.

Le diagnostic d'allergie aux acariens peut être confirmé par un test cutané (prick-test).

Traitements de l'allergie aux acariens

Les traitements médicamenteux

En plus des mesures préventives, les traitements médicamenteux symptomatiques sont efficaces pour diminuer les gênes occasionnées par les réactions allergiques.

Les médicaments allopathiques (médecine classique) les plus utilisés sont : 

  • des antihistaminiques H1, qui peuvent être délivrés sans ordonnance par voie orale (comprimés, gélules ou solutions buvables), par voie nasale (cas de la rhinite allergique) ou sous forme de collyre (en cas de conjonctivite allergique) ;
  • des corticoïdes, pour leurs effets anti-inflammatoire et antiallergique. Ils sont prescrits par un médecin sur de courtes durées et peuvent être administrés par voie orale, par voie nasale (en cas de rhinite allergique), sous forme injectable, sous forme de crèmes ou pommades (en cas d’eczéma) ou sous forme de spray à inhaler (en cas d’asthme) ;
  • des bronchodilatateurs, pour favoriser la dilatation des bronches. Ils sont rapidement efficaces par voie inhalée en cas de crise d'asthme.

La désensibilisation aux acariens

Lorsque l'éviction de l'allergène n'est pas réalisable et que les traitements symptomatiques s'avèrent insuffisants, le médecin spécialiste allergologue peut proposer une désensibilisation spécifique par voie sous-cutanée ou sublinguale. Le principe de ce traitement consiste à administrer des doses infimes de l’allergène en cause au patient et à les augmenter de façon très progressive pour aider le sujet à développer une tolérance vis-à-vis de cet allergène. Ce traitement s'effectue impérativement sous contrôle médical et sa durée est variable selon le degré de sensibilisation du sujet.

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