Allergie aux protéines de lait de vache

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L'allergie aux protéines de lait de vache est une maladie fréquente. Elle toucherait 4 à 5 % des enfants de moins de 2 ans et représenterait environ 10 % des allergies alimentaires.

L'allergie aux protéines du lait de vache (APLV) guérit dans près de 90 % des cas vers l'âge de 3 ans.

APLV : une allergie qui débute dès la petite enfance

L'allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est une des premières allergies du nourrisson. Elle est induite par la consommation de lait infantile contenant des protéines de lait de vache ou par le lait maternel de la mère consommant des produits laitiers.

 La mère allaitante peut, sous contrôle d'une diététicienne, se mettre sous régime d'éviction aux protéines de lait de vache.

Après l'allaitement, l'enfant est nourrit avec un lait infantile prescrit par le pédiatre en fonction de l'enfant et de ses antécédents familiaux (allergies dans la famille ou pas, premiers symptômes d'allergie sous allaitement maternel etc).

Voici quelques solutions prescrites :

  • Les hydrolysats vendus en pharmacie sont des vrais laits hypoallergéniques, ils contiennent des protéines de lait de vache cassées en gros morceaux qui permettent une meilleure tolérance chez les bébés prédisposés au risque allergique.
  • Les solutions d’acides aminés ont des formulations très poussées avec des protéines cassées en tout petits morceaux. Elles sont réservées aux bébés très très allergiques et diagnostiqués.
  • Les laits végétaux maternisés bios contiennent souvent des fruits à coque et ce n’est pas conseillé en cas d'atopie. Il faut bien lire les étiquettes et à la rigueur préférer dans cette gamme de préparation végétale pour nourrisson, un lait de riz maternisé exclusif.
  • Les laits de soja sont interdits par l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) depuis maintenant 5 ans pour l’alimentation des bébés de – 2 ans. 
  • Les laits maternisés d’autres animaux (chèvre, brebis, ânesses) ne sont pas recommandés pour l’alimentation d’un bébé allergique au lait de vache. Les protéines étant très similaires (caséine et albumine) à celles du lait de vache.

Comment se manifeste l'allergie aux protéines de lait de vache ?

Les manifestations de l'allergie au lait de vache sont variées, immédiates ou retardées, déclenchant une grande variété de symptômes.

Les principaux symptômes sont

  • La dermatite atopique (sur les parties du corps convexe (front, joues, extérieurs du bras avant 3 mois, dans les plis (coudes genoux) et sur le torse après l'âge de 3 mois ;
  • L' asthme allergique ;
  • Un choc anaphylactique ;
  • Des réactions digestives (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales).

Diagnostic de l'allergie au lait de vache

Le diagnostic est réalisé par un allergologue grâce à des tests cutanés :

  • des prick tests pour déterminer une réaction immunologique immédiate ;
  • des patchs tests pour constater une allergie retardée (une pose de 48 heures est nécessaire).

Il peut être nécessaire d'effectuer une prise de sang. Un test de provocation en milieu hospitalier permet de confirmer le diagnostic et de mesurer le seuil de tolérance.

En fonction de la réaction, il faudra placer le nourrisson sous un régime d'éviction pour que son système immunitaire se consolide puis réintroduire le lait petit à petit sous surveillance médicale. La guérison se fait naturellement bien que quelques enfants conservent cette allergie une fois devenu grands.

Quels sont les aliments contenant du lait de vache ?

Le lait de vache fait partie des 14 allergènes à déclaration obligatoire sur toutes les denrées préemballées et depuis le 1er juillet 2015, sur les denrées non pré-emballées (chez les artisans tels que boulanger, charcutier ou traiteur).

La mention laitdans la liste des ingrédients, sans autre précision, indique toujours du lait de vache. Il est indiqué entre parenthèse lorsqu'il est présent dans les sous produits laitiers

Quels sont les traitements de l'allergie au lait de vache ?

Le premier traitement est bien sûr l'éviction. Une fois l'organisme mis au repos mais sans tarder, il faudra penser à une induction de tolérance orale afin de réintroduire dans l'alimentation de l'enfant cet aliment important pour sa croissance et sa sociabilité. La réintroduction est faite en milieu hospitalier et se poursuit à la maison selon un protocole définit par l'équipe soignante.

Un lait infantile adapté au nourrisson sera prescrit en fonction de sa tolérance et de ses symptômes. Des formulations cuillérables et des recettes de cuisine avec des laits infantiles spécifiques existent aujourd'hui pour accompagner l'enfant tout au long des étapes de sa diversification alimentaire.

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Les nouvelles formes d'allergie aux protéines de lait de vache

Les gastro-entérologues spécialisés en allergologie ont mis à jour d'autres maladies induites par les protéines de lait de vache qui sont aujourd'hui référencées comme des allergies :

  • La proctocolite allergique qui se manifeste par des rectorragies y compris sous allaitement maternel
  • Le syndrome d'entérocolite induite par les protéines alimentaires (SEIPA)
  • L'infiltration éosinophilique du tube digestif

Ces maladies doivent être correctement prises en charge pour garantir, par un traitement adapté, une bonne croissance de l'enfant. Ces pathologies encore mal connues sont encore sous diagnostiquées.

Ne pas confondre l'APLV avec une intolérance au lactose

L'intolérance au lactose (qui est un sucre, pas une protéine) est fréquente chez l'adulte et ne doit pas être confondue avec l'allergie aux protéines de lait de vache. Elle résulte d'un déficit enzymatique assez courant qui empêche la dégradation du lactose dans l'intestin, déclenchant des troubles digestifs divers.